C.H.A.R. — Contre la haine, l’antisémitisme, le racisme
22 rue de la Roquette, 75011 Paris
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Paris, le 26 octobre 2026
Apologie de la Shoah et menaces de mort antisémites au Pontet : six mois avec sursis, une peine qui ne répond pas à la gravité des faits
Le tribunal correctionnel d’Avignon a rendu le 23 octobre 2026 son jugement à l’encontre de Patrick O’B. Le 11 août 2026, dans un hypermarché du Pontet (Vaucluse), cet homme avait déclaré à un couple de touristes australiens de confession juive qu’il « regrett[ait] qu’Hitler n’ait pas fini le travail ». Il avait ensuite lancé deux fois « Ramenez Hitler », puis menacé l’épouse de lui « mettre une putain de balle dans la tête ». La vidéo de la scène a été vue plus de dix millions de fois.
Reconnu coupable d’apologie de crimes contre l’humanité et de menaces de mort aggravées par leur caractère antisémite, le prévenu est condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis et à la confiscation des scellés. Le tribunal n’a pas prononcé l’interdiction du territoire français de trois ans requise par le ministère public. Il alloue 500 euros à chacune des deux victimes, et 300 euros à chacune des associations C.H.A.R. et B’nai B’rith, parties civiles.
L’association C.H.A.R. prend acte de cette décision, mais en regrette la légèreté. L’enquête a montré que ces propos n’étaient pas un emportement isolé. Des messages retrouvés dans le téléphone du prévenu, antérieurs aux faits, appelaient à « se débarrasser des ordures » du « tiers monde ». À l’audience, le prévenu s’est présenté comme un « grand humaniste » et a invoqué une rupture de traitement, sans produire aucune pièce médicale.
« Souhaiter publiquement l’achèvement de la Shoah, puis menacer de mort une femme parce qu’elle est juive, et repartir avec du sursis et quelques centaines d’euros à payer : c’est un message de banalisation que nous ne pouvons pas accepter. Le père de la victime a survécu à la Shoah ; sa famille a été assassinée à Auschwitz. Ce qu’on a regretté devant elle, c’est que sa famille n’ait pas entièrement disparu. »
— Me Annie Cohen-Tapia, avocate de l’association C.H.A.R. et des victimes
https://associationchar.fr/wp-content/uploads/2026/10/Avignon-proces.pdf
