En 2000, avec le déclenchement de la seconde Intifada et l’affaire Mohammed Al-Dura, l’antisémitisme explose : les actes passent de ~80-82 en 1999 à 744 en 2000, puis 936 en 2001 et près de 974 en 2004 (chiffres du ministère de l’Intérieur).
Agressions, profanations, incendies : une vague inédite depuis 1945, importée du conflit israélo-palestinien.
Sous Jospin et Vaillant, la réponse est jugée minimisante – actes souvent qualifiés de « vandalisme » plutôt que d’antisémitisme organisé.
En 2014, nouveau pic historique : 851 actes recensés (contre 423 en 2013, +101 %), dont 241 violences physiques (+130 %).
L’opération Bordure protectrice (guerre Gaza juillet-août) déclenche des manifestations dégénérées : émeutes à Sarcelles (saccages de magasins juifs, synagogue menacée), slogans haineux à Barbès (« À mort Israël »).
Les Français juifs, moins de 1 % de la population, subissent 51 % des actes racistes enregistrés. Cette flambée précède les attentats de 2015 (Hyper Cacher) et marque un tournant : peur, exil croissant.
Ces deux pics montrent que l’antisémitisme n’attend pas un seul événement pour resurgir – il s’importe, s’enflamme avec le Proche-Orient et se banalise quand on le minimise.
Ce « nouvel antisémitisme » mêlant antisionisme radical et haine classique n’est pas né du 7 octobre 2023. Il a déjà déferlé il y a 25 ans – et on l’a trop longtemps minimisé.
