Lors de la remise du Prix Mireille Knoll ce mercredi 20 mai, le président d’honneur des Consistoires, Joël Mergui, a livré un discours fort, pointant du doigt les silences et les erreurs de la décennie passée face à l’idéologie islamiste.
Pour Joël Mergui, refuser de nommer clairement la menace par peur des amalgames a constitué une « erreur fondamentale » pendant plus de dix ans. Ce manque de courage a, selon lui, produit l’effet inverse de celui escompté.
« Si le mot avait été posé clairement dès le départ, cela aurait permis de mettre les citoyens de confession musulmane qui s’opposent à cette idéologie devant leur responsabilité de combattre ce fléau. »
En brisant ce tabou lors de cette cérémonie hautement symbolique au Centre Européen du Judaïsme, le récipiendaire du prix 2026 appelle à une prise de conscience collective et à une mobilisation de tous les citoyens pour faire front commun face à l’obscurantisme.
Le CHAR dénonce une réticence étatique vieille de 25 ans à nommer l’idéologie des bourreaux sur les plaques commémoratives des attentats en France (comme à Toulouse ou lors du 13-Novembre). L’État privilégie des termes universels (« victimes du terrorisme ») plutôt que d’inscrire les mots « islamisme » ou « terrorisme islamiste ».
Pour notre association, ce « tabou » participe à une euphémisation du danger. CHAR appelle à une prise de conscience historique : nommer précisément le mal est indispensable pour honorer la mémoire, la transmettre fidèlement et combattre efficacement la menace aujourd’hui.
