En reprenant un message où le rappeur utilise le « Qui ? » — un code complotiste bien connu pour cibler la communauté juive —, Akim Omiri donne une visibilité complice à des insinuations douteuses.
Ce relais entache sérieusement la crédibilité d’Akim Omiri, d’autant que le passif de l’artiste est lourd : Freeze Corleone a été condamné le 27 avril 2026 pour apologie du terrorisme.
L’analyse de Mathieu Molard concernant le tweet de Freeze Corleone
À la lumière de son analyse, une réflexion s’impose à nous, nous conduisant à poser la question suivante
Si l’on suit votre raisonnement, Monsieur Molard, le tweet de Freeze Corleone revêt un caractère antisémite. Par conséquent, relayer un tel message relève-t-il, selon vous, de l’antisémitisme ?
Dominique Delawarde : de Saint-Cyr à la complosphère antisémite
L’ex-général est à l’origine du mot-code « Qui ? », né sur CNews en juin 2021 lorsqu’il a désigné en direct « la communauté que vous connaissez bien ».
Du sous-entendu à l’injure : comment le mème « Qui ? » cible la communauté juive
Ce fameux « qui » est massivement utilisé par ces internautes pour désigner les Juifs du doigt.
Loin d’être anodine, cette formulation sert de signal de reconnaissance : en réponse à ce mot d’ordre, certains utilisateurs affichent immédiatement leur antisémitisme sans filtre, comme l’illustre ce commentaire d’un internaute qualifiant directement la cible de « youpins ».
En réalité, cela montre bien le fond de leur pensée : à travers ce mot, l’image parle d’elle-même.
Profil compte antisémite: https://x.com/samira89000238
Identifiant: @samira89000238
Capture:

URL: #https://x.com/i/status/2057867799670751691#

Le journaliste Mickaël Correia dans sa publication
Mickaël Correia est un journaliste chevronné (notamment pour Mediapart).

« Les gauchistes ou humoristes de gauche qui retweetent un des plus gros dogwhistles antisémites, qui plus est écrit par Freeze Corleone, connu pour ses propos antisémites, à ce niveau-là, c’est de l’antisémitisme clairement assumé. »
Cela ne pose aucun problème de conscience à Monsieur Omiri de relayer le tweet de Freeze Corleone ?

Pour approfondir le décryptage de ce code
Vous pouvez consulter les enquêtes publiées par la presse nationale dès l’émergence du phénomène :
- Voici les liens vers les principales sources et enquêtes journalistiques détaillant l’apparition et l’usage du mot-code complotiste :
- Le Figaro (9 août 2021) : « « Mais qui ? » : que signifie ce slogan antisémite écrit sur les pancartes ? » — Décryptage de la signification de cette expression lorsqu’elle a commencé à être brandie de manière récurrente dans les manifestations de l’époque.
- Le Monde (10 août 2021) : « Pancarte « Mais qui ? » : l’antisémitisme auquel nous sommes confrontés avance en oblique » — Une analyse détaillée sur la manière dont ce terme est utilisé comme un sifflet à ultrasons pour contourner les sanctions pénales directes tout en désignant une cible précise.
Rappel des faits : la condamnation de Freeze Corleone
Le lundi 27 avril 2026, le tribunal correctionnel de Nice a reconnu coupable le rappeur Freeze Corleone (de son vrai nom Isa Lorenzo Diakhaté) pour apologie du terrorisme.
- L’origine de l’affaire : Les poursuites visaient une punchline polémique issue du morceau Haaland (sorti en collaboration avec le rappeur allemand Luciano en février 2024). Dans son couplet, l’artiste rappait : « J’arrive dans le rap comme un camion qui bombarde à fond sur l’A… », suivi d’un silence prolongé. L’accusation et les associations de victimes y ont vu une référence directe et une identification à l’auteur de l’attentat du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais à Nice, qui avait fait 86 morts.
Source journalistique
Pour consulter le détail de la décision et le contexte du procès, vous pouvez vous référer au compte-rendu de l’actualité judiciaire :
L’Association C.H.A.R. (Contre la Haine, l’Antisémitisme le Racisme).
