Du déni au drame : Le réveil tardif de la République

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Le film L’Abandon secoue les consciences, et c’est salutaire. Mais ce miroir tendu à notre société ne doit pas nous faire oublier ceux qui ont crié dans le désert avant que l’horreur ne devienne réalité.

​Bien avant les hommages et les prises de conscience tardives, il y a eu des lanceurs d’alerte. Didier Lemaire fut de ceux-là. Pour avoir dénoncé la pénétration de l’islamisme dans les écoles, il a subi le déni, le mépris, et le réflexe pavlovien de l’accusation d’islamophobie ou de racisme. Plutôt que d’écouter le messager, l’institution a préféré détourner le regard, le contraignant à créer sa propre association pour soutenir des enseignants livrés à eux-mêmes.

​Ce courageux isolement a préfiguré le pire. Le 16 octobre 2020, Samuel Paty était lâchement assassiné, lâché par une partie de sa hiérarchie et une partie de ses collègues. Le 13 octobre 2023, Dominique Bernard tombait à son tour. Deux professeurs morts pour avoir incarné les valeurs de la République face au terrorisme islamiste.

​Aujourd’hui, les larmes de crocodile ne suffisent plus. L’Éducation nationale et certains responsables politiques de l’époque portent une responsabilité écrasante dans ce naufrage moral et sécuritaire. L’Abandon n’est pas qu’un titre de film : c’est le procès verbal d’une faillite institutionnelle dont les coupables doivent enfin répondre.

Association C.H.A.R.

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