Par l’équipe de rédaction
Mai 2026
On oublie trop souvent que les premières victimes du Hamas sont les Gazaouis eux-mêmes.
Depuis sa prise de pouvoir en 2007, le mouvement islamiste impose une dictature brutale à sa propre population, transformant l’enclave en un régime de terreur où toute dissidence ou contestation sociale est écrasée dans le sang. Exécutions d’opposants, torture systématique, os broyés à coups de bâton ou de pierre, et répression sanglante des mouvements sociaux : cet autoritarisme est largement documenté par les ONG, mais reste trop souvent passé sous silence par les grands médias internationaux et occulté par certains militants pro-palestiniens.
La terreur intérieure documentée par les ONG
Cette violence d’État a fait l’objet de nombreuses alertes internationales.
Dans une déclaration officielle, Erika Guevara-Rosas, directrice de la recherche, du plaidoyer et des campagnes pour Amnesty International, a fermement dénoncé ces pratiques, exigeant que « les services de sécurité du Hamas cessent de cibler les manifestants en guise de représailles et respectent la liberté de réunion pacifique à Gaza ».
Le rapport officiel du 28 mai 2025 détaille précisément le calvaire de la population civile : vagues d’arrestations arbitraires, menaces de mort, interrogatoires hors procédure et passages à tabac à coups de bâton infligés par les forces de sécurité aux civils gazaouis, notamment lors des mouvements de contestation sociale où les citoyens réclament simplement le droit de vivre dignement.
Un tournant historique : Un civil gazaoui brise l’omertà devant la CPI
Face à ce silence assourdissant, les lignes juridiques sont en train de bouger de manière inédite. Pour la première fois, un civil palestinien originaire de Gaza, ayant perdu sa femme et ses enfants dans le conflit, a décidé de briser l’impunité en déposant une plainte officielle auprès de la Cour pénale internationale (CPI).
Comme le rapporte la journaliste Mathilda Heller dans The Jerusalem Post, cette plainte déposée le 15 mai 2026 vise nommément 14 hauts dirigeants du Hamas. Le plaignant les accuse formellement de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis directement contre la population palestinienne. Le dossier de 40 pages démontre comment le Hamas utilise cyniquement les civils et les infrastructures de Gaza comme boucliers humains, les érigeant en « sacrifices humains » pour servir sa stratégie militaire.
Les raisons d’un aveuglement médiatique
Si le calvaire des Gazaouis face à leurs propres dirigeants suscite si peu d’écho, c’est d’abord en raison du contrôle total de l’information exercé par le Hamas à l’intérieur de l’enclave, où les journalistes locaux et les témoins risquent la mort s’ils critiquent le régime. C’est aussi le résultat d’une polarisation politique internationale extrême, où la dénonciation des crimes de guerre du Hamas contre son propre peuple est souvent jugée secondaire, voire occultée par ceux qui prétendent défendre la cause palestinienne.
Cette démarche historique devant la CPI rappelle une vérité fondamentale : la justice pour le peuple palestinien ne pourra pas se faire en fermant les yeux sur la tyrannie que le Hamas lui inflige au quotidien.
Sources :
The Jerusalem Post — First Palestinian ICC filing against Hamas alleges war crimes, seeks arrests (Enquête de Mathilda Heller, 15 mai 2026)
Amnesty International — Palestine: Hamas security services must stop targeting protesters in reprisal and respect freedom of peaceful assembly in Gaza (Rapport du 28 mai 2025 par Erika Guevara-Rosas)
